Composer un intérieur comme un espace singulier

Composer un intérieur comme un espace singulier

Il y a dans certains intérieurs une forme de retenue. Rien n'y cherche à convaincre, rien n'y est démonstratif et pourtant quelque chose s'impose. Une présence. Pas celle des objets eux-mêmes mais celle de leur agencement, de leur manière d'occuper l'espace sans jamais saturer.

Ici la composition ne relève pas du décoratif, elle s'apparente davantage à une forme d'accrochage.

Une ligne. Quelques éléments. Un équilibre presque silencieux.

Une bouteille, laissée là. Un vase dont la transparence capte et diffracte la lumière. Un cadre qui suspend le regard. Trois geste en apparence anodins. trois présences qui ne cherchent ni à dialoguer frontalement, ni à s'ignorer. Elles coexistent.

C'est peut-être là que se joue l'essentiel. Dans cette capacité à faire tenir ensemble des objets de statuts différents (l'usuel, le vivant, le contemplatif) sans hiérarchie apparente.

L'intérieur devient alors un espace d'édition. Chaque élément y est maintenu pour une raison souvent difficile à formuler. Une justesse plus qu'une logique.

On ne compose plus pour remplir, on compose pour faire apparaître des tensions, des correspondances ou des silences.

Le regard circule, s'attarde puis se retire. Rien ne le retient vraiment mais tout l'invite à rester car un espace singuliers ne se décide pas , il se compose. Il se construit dans l'usage autant que dans l'attention. 

Quelque chose y reste en suspens comme une possibilité de transformation, fragile et temporaire mais suffisamment juste pour être regardé.

 

 

Julie